Vous avez entre 16 et 30 ans et vous êtes en situation de handicap ? Ce guide fait le point sur les démarches, les dispositifs et les interlocuteurs qui peuvent vous accompagner, de la reconnaissance administrative de votre handicap jusqu’à votre premier emploi. En voici les grandes lignes.
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Emploi des jeunes en situation de handicap
Faire reconnaître son handicap : une démarche facultative mais souvent utile
Demander une reconnaissance administrative de son handicap auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) n’est pas une obligation, mais cela ouvre des droits concrets : accompagnement par des professionnels spécialisés comme Cap emploi, aides humaines, techniques ou financières de l’Agefiph (secteur privé) ou du FIPHFP (secteur public), accès sans limite d’âge à l’apprentissage, ou encore accès à la fonction publique par concours aménagé.
La MDPH peut attribuer plusieurs titres selon la situation : la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), la Carte mobilité inclusion mention Invalidité, ou l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). Ces reconnaissances profitent aussi à l’employeur, tenu depuis la loi du 11 février 2005 d’employer au moins 6 % de personnes en situation de handicap dans les entreprises de 20 salariés et plus.
S’orienter et se faire accompagner : des interlocuteurs identifiés
Trois acteurs du service public de l’emploi accompagnent les jeunes en situation de handicap : la Mission Locale (16-25 ans, jusqu’à 29 ans révolus avec une RQTH), Cap emploi, expert handicap du Réseau pour l’emploi, et France Travail. Depuis 2025, toute personne en situation de handicap sollicitant Cap emploi est automatiquement inscrite auprès de France Travail, dans une logique de lieu unique d’accompagnement.
Pour construire son projet professionnel, on peut aussi s’appuyer sur le Centre d’information et d’orientation (CIO) ou le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ), qui propose notamment le programme Handijeunes, avec des conseillers formés au handicap.
Milieu ordinaire, milieu protégé : des passerelles plutôt qu’un choix figé
Depuis la loi Plein emploi de décembre 2023, la priorité est donnée à l’insertion en milieu ordinaire de travail. Mais pour certains jeunes, une étape en milieu protégé (ESAT) peut être nécessaire ou préférée. Les parcours ne sont pas figés : il est possible de cumuler une activité en ESAT avec un emploi à temps partiel en entreprise, ou de bénéficier d’un parcours renforcé en sortie d’ESAT vers le milieu ordinaire, sans nouvelle décision de la MDPH. Les ESAT « hors les murs » et les ESAT de transition constituent des passerelles concrètes entre les deux milieux.
Se former : des dispositifs spécifiques et de droit commun
Les jeunes qui ont besoin d’un accompagnement médico-psycho-social renforcé peuvent intégrer un Établissement et service de préorientation ou de réadaptation professionnelle (ESPO, ESRP). En parallèle, des dispositifs de droit commun sont pleinement accessibles : l’École de la 2e chance, le Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA), le Contrat d’engagement jeune (CEJ, accompagnement intensif jusqu’à 29 ans révolus pour les jeunes RQTH), ou encore le Parcours d’appui et d’orientation (PAO) pour les situations administratives complexes.
Multiplier les expériences en entreprise
Stages, périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP, un mois maximum) et Service civique (ouvert jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap, indemnité cumulable avec l’AAH) permettent de tester un métier, de vérifier la compatibilité d’un projet avec sa situation de santé et d’enrichir son CV, sans condition de diplôme.
Se former en travaillant
Plusieurs voies permettent de conjuguer formation et expérience professionnelle : l’alternance (apprentissage ou professionnalisation, accessible sans limite d’âge avec une reconnaissance administrative du handicap, et avec un référent handicap obligatoire dans chaque CFA depuis 2018), l’entreprise adaptée (au moins 55 % de travailleurs handicapés, rémunération au SMIC minimum, dispositifs CDD Tremplin et EATT), ou les contrats d’insertion comme le CUI-CIE (secteur marchand) et le Parcours emploi compétences (secteur non marchand). L’insertion par l’activité économique (ateliers et chantiers d’insertion, entreprises d’insertion) reste également mobilisable.
Entreprendre : une voie à explorer aussi
Créer ou reprendre une entreprise est une option accompagnée par plusieurs dispositifs : NACRE, ACRE (exonération de charges pour les moins de 30 ans), ARCE, ou l’aide dédiée de l’Agefiph au démarrage d’activité. Le réseau H’Up Entrepreneur est spécialisé dans l’accompagnement des créateurs et entrepreneurs en situation de handicap.
Parler ou non de son handicap : CV et entretien d’embauche
Le guide insiste sur un point clé : il n’y a aucune obligation de mentionner sa situation de handicap sur un CV ou en entretien, sauf si des aménagements sont nécessaires pour que l’entretien se déroule dans de bonnes conditions. La décision appartient entièrement au candidat, en fonction de son besoin d’aménagement, de sa préparation et de la sensibilité de l’entreprise au sujet (existence d’une mission handicap ou d’un référent handicap, notamment dans les entreprises de plus de 250 salariés).
Des aides mobilisables à chaque étape
Tout au long du parcours, l’Agefiph et le FIPHFP peuvent financer des aménagements de poste, des aides humaines, techniques ou au transport. Des dispositifs complémentaires existent aussi pour valoriser les compétences (certification Cléa, Reconnaissance des savoir-faire professionnels, VAE) et pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé via le tutorat, le mentorat ou le parrainage.