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Trois missions locales, trois types d’accompagnement
L’étude révèle que chaque mission locale organise ses actions santé de manière différente. Certaines disposent de services internes, avec psychologues et coordinatrices santé, tandis que d’autres s’appuient sur des partenaires externes. Des ateliers collectifs – prévention des addictions, santé sexuelle, activité physique, ouverture des droits à l’assurance maladie – sont proposés selon les ressources disponibles et les partenariats avec l’Agence régionale de santé.
La coordinatrice santé joue un rôle central mais variable : elle peut conseiller directement les jeunes, gérer la coordination des dispositifs ou faciliter l’accès aux droits sociaux, comme la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
Un guichet insoupçonné vers le soin
Pour de nombreux jeunes, la venue à la mission locale pour un accompagnement vers l’emploi est l’occasion d’accéder facilement à un suivi psychologique gratuit. Ce soutien constitue souvent la première étape d’un parcours de soin ou de la reconnaissance de leur handicap. Dans certains cas, il produit un effet thérapeutique immédiat : Maxence et Laetitia, par exemple, ont surmonté des périodes de burn-out ou de crises d’angoisse grâce à l’accompagnement psychologique offert par la mission locale.
Les missions locales apparaissent ainsi comme un guichet insoupçonné : bien qu’axées sur l’emploi, elles permettent d’identifier, d’accompagner et de soutenir des jeunes vulnérables confrontés à des problématiques de santé mentale.
Des parcours variés, des besoins multiples
L’enquête distingue quatre profils types :
- Jeunes sans troubles majeurs, pouvant accéder rapidement à l’emploi.
- Jeunes « accompagnés », dont les troubles sont identifiés et pris en charge, avec adaptation du parcours d’insertion.
- Jeunes « cachés », souffrant de troubles mais n’ayant pas enclenché de parcours de soin et refusant parfois de partager leurs difficultés.
- Jeunes « non-identifiés », dont les troubles restent invisibles aux institutions et pour lesquels le parcours d’insertion n’est pas adapté.
La santé mentale agit comme un amplificateur des difficultés sociales : isolement, obstacles scolaires et professionnels. Les missions locales permettent de repérer et d’accompagner ces jeunes, souvent pour la première fois, et de faciliter leur accès aux droits et aux soins.
Accompagner sans exclure
Les auteurs de l’étude soulignent la nécessité de concilier insertion professionnelle et prise en compte des fragilités psychologiques. L’activation d’un jeune sans tenir compte de sa santé mentale peut se révéler contre-productive ; trouver l’équilibre est donc crucial pour favoriser une insertion durable.
Vers une meilleure prise en compte de la santé des jeunes
L’étude montre que si les missions locales s’engagent fortement, une meilleure coordination et reconnaissance du rôle « santé » qu’elles jouent serait souhaitable. Ateliers collectifs, suivi psychologique et accompagnement aux droits sont autant de leviers pour prévenir le mal-être et soutenir l’insertion professionnelle.
« La mission locale n’est pas un espace thérapeutique à proprement parler, mais elle offre un tremplin décisif vers le soin et le bien-être », conclut Adrien Lusinchi, chargé d’études et auteur du rapport.
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Santé (mentale) des jeunes et accompagnement vers l'emploi